Histoire des alentours

 

Au départ, le marais poitevin était une zone recouverte par la mer (le golfe des Pictons).

Progressivement, cette dernière s'est retirée, laissant derrière elle une zone marécageuse qui a continué de se combler, naturellement et de par l'action des hommes. Des traces d'occupation pré- et protohistorique ont été identifiées sur ses anciennes rives ainsi que sur les anciennes îles aujourd'hui incluses dans les terres.

À partir du VIIe siècle, de grands seigneurs féodaux ont procédé à des donations de parties du marais au bénéfice des abbayes alentours (les plus connues sont Maillezais, Nieul-sur-l'Autise, l'Absie, Saint-Maixent, Saint-Michel-en-l'Herm) ; des travaux d'aménagement ont ainsi été lancés, dans le but d'exploiter de manière plus organisée la productivité de ces milieux (cultures, élevage, saliculture, pêcheries...). Les premiers endiguements de marais desséchés ont été réalisés à cette époque, de même qu'y ont été creusés les premiers grands canaux évacuateurs, comme le canal des Cinq-Abbés, au nom évocateur de ce contexte.


La région ayant été le cadre de nombreux affrontements pendant les Guerres de religion, beaucoup de destructions ont été opérées à l'époque, doublées d'un manque d'entretien des ouvrages de dessèchement.


Les travaux de dessèchement sont repris et intensifiés sous Henri IV, qui, dans une perspective de reconstruction, accorde divers privilèges à des investisseurs huguenots originaires des Pays-Bas. Nommé Grand maître des digues du royaume par le roi, l'ingénieur Flamand Humphrey Bradley n'intervient cependant pas dans le Marais poitevin. Le duc de Roannez, gouverneur du Poitou à partir de 1651, cherche des financements pour mener les travaux à terme. De grands aristocrates de la Cour ne tardent pas à entrevoir les profits qui peuvent être tirés de ces dessèchements, malgré les difficultés nombreuses qu'ils rencontrent dans leur réalisation.


Napoléon 1er prend en 1808 un décret d'aménagement de la Sèvre Niortaise, pour en conforter la vocation navigable. Cette décision constitue le 1er acte d'une campagne de grands travaux qui vont, entre le début du XIXe siècle et le début du XXe siècle, donner au marais mouillé l'aspect que nous lui connaissons aujourd'hui. On peut considérer également ce décret, qui place la police de la navigation et de l'eau du fleuve domanial sous l'unique responsabilité de l'ingénieur en chef des Ponts et chaussées des Deux-Sèvres, donne un cadre de gestion conforme à la logique hydrographique du bassin versant de la Sèvre Niortaise. À l'inverse, la création sous la Révolution française des départements divise artificiellement cet espace entre la Vendée, la Charente-Maritime, et les Deux-Sèvres.


Sous la Restauration, une ordonnance royale de Louis Philippe (« À tous, présents et à venir, salut ! ») structure les marais mouillés en syndicats départementaux de propriétaires. Ces syndicats se fédèrent par la suite en une Union des marais mouillés, dont la vocation est d'assurer une cohérence d'ensemble sur ce territoire. C'est dans cette période (à partir des années 1835 et jusque vers 1850) que sont percés ou aménagés les canaux évacuateurs de crue et les grandes « rigoles » telle que celle de La Garette.


De grands travaux hydro-agricoles ont été réalisés dans les années 1960 (remembrements, création de nouveaux évacuateurs, recalibrage de canaux), puis dans les années 1980 (développement du drainage agricole par drains enterrés), dans une perspective d'assèchement généralisé et d'intensification de la production agricole, avec une spécialisation de plus en plus marquée des exploitations dans les cultures céréalières.
Du coup, une polémique est née de la sur-exploitation des richesses hydrauliques du secteur. L'assèchement forcé du marais poitevin a provoqué un recul de la biodiversité, notamment pour une très grande quantité d'oiseaux (plus de 250 espèces répertoriées).

Le déclassement du Parc naturel régional en 1997 a provoqué une remise en question chez tous les acteurs du lieu qui doivent œuvrer en commun pour ne pas détruire une espace naturel très particulier et fragile.